En janvier 2020, nous avons lancé nos rendez-vous mensuels : les éclipses documentaires. Le temps d’une soirée, nous vous proposons une projection et/ou une séance d’écoute de courts-métrages documentaires dans un lieu culturel alternatif.

Cette volonté est née du désir de rendez-vous documentaires plus réguliers. Que ce soient des oeuvres diffusées durant notre festival Les Yeux Ouverts, des oeuvres de membres du collectif ou bien des coups de coeur de nos programmateurs, nous avons toujours l’envie de mettre en avant les courts et moyens métrages ainsi que les documentaires sonores.

Des débats et discussions sont organisés autour des oeuvres lors de ces projections.

 

Les rendez-vous :

#1 – le 26 janvier 2020 à Un lieu pour respirer

#2 – le 5 mars 2020 à Un lieu pour respirer

Cette séance mêle trois courts-métrages, dont deux sélectionnés lors de précédentes éditions de notre festival Les yeux ouverts. Les projections sont suivies d’un échange avec les réalisatrices présentes.

Al-Hurriya, de Loup Blaster, 2016 (6′)

 

Intérieur – extérieur, de Charlotte Ballet-Baz et Alice Boccara-Lefèvre, 2019 (15′)

 

Tracing Addaï, d’Esther Niemeier, 2018 (30′)

Al-Hurriya

“Nous voici voisins, à Calais.
Tu es de passage, en migration.
Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu vécu ?
Quelles sont tes impressions ?
L’histoire se dessine et nous nous regardons.
Hé toi ! Comment tu dis liberté ?”

Intérieur - extérieur

’’Dans les lettres, on a interdiction de donner notre vrai nom.’’ Face à Catherine, on découvre des relations épistolaires aussi précieuses que surprenantes. Elle correspond depuis près de 25 ans avec des personnes incarcérées, qui peuplent aujourd’hui les murs de son appartement. Une seconde voix, celle d’une ancienne détenue, lui fait écho.

Tracing Addaï

Alors qu’il vient d’avoir vingt ans, Addai laisse toute sa vie derrière lui et s’installe en Syrie pour aider les victimes de la guerre civile. Au début, il est affecté à la cuisine avec Ilias. Addai écrit à sa mère : “Ne t’inquiète pas pour moi, je vais bien.” Deux ans plus tard, la mère d’Addai reçoit une lettre écrite depuis une prison. Ilias a été condamné pour terrorisme par un tribunal allemand. Il veut la rencontrer et écrit : “Une chose pour laquelle tu dois me croire, c’est que nous y sommes allés avec de bonnes intentions.”

Cette séance mêle deux films et une pièce sonore, sélectionnés lors de la troisième édition du festival annuel Les yeux ouverts. Les projections sont suivies d’un échange avec les réalisateures et les réalisatrices, animé par Marc-Antoine Vaugeois, acteur cinéaste et critique de cinéma.

La galette des reines, de Géraldine Gacon, 2018 (34′)

Te merau, Fanny Corcelle et Juliette Guignard, 2018 (36′)

Hop out, drop top, fuck y4ll, de Pierre Gaignard, 2017 (30′)

 

Marc-Antoine Vaugeois fait ses premiers pas en tant qu’acteur sous la direction de Justine Triet dans son long-métrage La bataille de Solférino sorti en 2013. S’en suivent d’autres rôles dans divers courts-métrages et dans des longs-métrages où il joue notamment pour Lucie Borleteau, Antonin Peretjatko et Ilan Klipper. Parallèlement à sa carrière d’acteur, il rédige des textes et réalise des entretiens de cinéastes pour plusieurs revues (Format Court, A bras le corps, Répliques) et assure la programmation du cycle A la rencontre au cinéma l’Archipel depuis 2014 dans laquelle il présente des films d’auteurs marginaux.

La galette des reines

Mélissa et Soraya sont amies depuis longtemps. Elles ont 46 et 56 ans et n’ont vécu que dans les marges : prostitution pour l’une, cambriolage pour l’autre, drogues pour les deux. Chez Soraya, le samedi après midi à l’heure du thé, elles rient, elles se chambrent, elles parlent fort : du trottoir, des cambriolages réussis ou ratés, de l’amour, de la drogue (qui était quand même nettement meilleure à l’époque..) mais aussi des enfants qui grandissent, du grave et du banal, de ce qui commence et de ce qui finit. Un Portrait, à 2 voix, d’une marginalité féminine féroce et assumée, qui questionne notre morale, nos certitudes, nos choix. Vous reprendrez bien une galette avec votre tasse de thé ?

Te merau

Edera cherche sa place, dans la société, dans la ville, dans son clan. “Lederă” en roumain, ça veut dire “lierre”. La mauvaise herbe du jardin. Elle habite dans une baraque de fortune avec la famille de son mari, va bientôt avoir 18 ans, et attend son premier enfant. Elle vit un moment de transition, délicate balance entre renonciation et résistance. Au fil du temps s’affirme en elle l’absolue nécessité de se construire un autre destin.

Hop out, drop top, fuck y4ll

Regarde les oiseaux. Imagine tous les mondes qu’ils produisent quand ils mangent, quand ils chient. Ont-ils conscience que leurs actes modifient le monde à jamais ? Prendrons-nous le temps de les regarder faire ? Ils seront attirés par certains types de graines ; les petits oiseaux mangeront les petites graines, quand les gros préfèreront les grosses. Repus, ils voleront frénétiquement ; facilitant le transit du germe, d’un côté et de l’autre de la rivière. Et au bout de leurs systèmes digestifs, ils s’offriront un monde sur mesure. Les graines expulsées de leurs corps pleins de vie créeront un nouvel écosystème : mangeable et habitable. Ils auront transporté dans leurs fientes la copie d’un monde idéal, paradis du futur. Alors à nouveau, ils se nourriront, ils voleront et ils défèqueront – un peu plus loin.