Dans le but de poursuivre les débats initiés lors de la première édition au cours de la table ronde « Un état généreux de la jeune création documentaire », nous avons organisé cette année-là deux tables rondes qui ont réuni au total une centaine de spectateurs.

· Table ronde 1 : “L’écriture documentaire : à quoi ça sert ?”

Cette question nous intéressait car elle entre en résonance avec notre pratique d’ateliers d’écriture et nous semblait être une problématique primordiale pour les jeunes auteurs. Nous avons rencontré, en amont du débat, différents acteurs du cinéma et de l’écriture documentaire : institutions, réalisateurs, lecteurs, producteurs mais aussi script doctor.

Nous avons ainsi pu compter sur la présence de :

  • Valentine Roulet, cheffe du service création cinéma, Commission du Fonds d’aide à l’innovation (FAIA), CNC
  • notre marraine Pauline Horovitz, réalisatrice, lectrice à la Scam
  • Alexandra Mélot, monteuse, productrice, lectrice au FAIA
  • Pierre Tonachella, réalisateur
  • Tristan Benoit, freelance en aide à l’écriture
  • Pablo Rosenblatt et Roxane Billamboz, réalisateur·trices et membres de l’association Addoc.

Le débat était animé par deux membres de notre collectif.

Le déroulé des réflexions s’est organisé autour de deux axes : écrire pour soi, et écrire pour les autres.

Pour la première partie, nous avons davantage donné la parole aux auteurs présent·es autour de la table. Chacun·e nous a présenté son rapport à l’écriture et ce que celle-ci pouvait apporter pour la suite du film, notamment au moment du tournage. Ils se sont majoritairement accordés sur l’idée que l’écriture est indispensable à tout projet de documentaire de création, mais quelques voix dissonantes nous ont également fait part de leur sentiment, à savoir que nous donnons trop d’importance à l’écrit en France, cela pouvant être un frein pour certains

Pierre Tonachella était présent pour nous parler de son expérience d’écriture pour son film Jusqu’à ce que le jour se lève

Pablo Rosenblatt nous a partagé son expérience à travers son travail d’écriture sur Tout va bien : 1er commandement du clown

Le choix du producteur est apparu comme un élément très important dans le travail d’écriture de l’auteur·trices et cette thématique nous a permis de basculer vers la seconde partie : écrire pour les autres, à savoir principalement pour trouver des financements.

Les intervenant·es ont évoqué la complexité d’apporter des changements à un dossier dans le but de « plaire » à un financeur (chaîne, CNC, région …) alors même que le dossier initial est déjà difficile à « accoucher ». A nouveau, l’importance de choisir un·e bon producteur·trice est apparue. S’en est suivie une présentation du Fonds d’Aide à l’Innovation Audiovisuelle (FAIA) par sa directrice, Valentine Roulet : leur attente se porte sur des projets qui ne sont « pas trop écrits », où apparaissent des idées fortes et un véritable univers, l’idée étant de dissuader les auteurs d’écrire, parfois jusqu’à l’épuisement, pour ce comptoir. En effet nous parlons davantage aujourd’hui de prime à l’écriture, plutôt que d’aide à l’écriture, ce que le FAIA a bien perçu. 

La table ronde, qui aura duré près de 3h, s’est clôturée par des échanges avec le public.

Pour aller plus loin dans la découverte de la richesse et des variétés de formes d’écriture, le CNC met à disposition sur son site internet une scénariothèque documentaires.

  • Table ronde 2 : “Faire avec : des expériences de cinéma collectif”

L’idée de cet atelier-rencontre était de présenter des expériences de film où se sont opérés un partage, une appropriation de l’outil cinématographique (dans sa fabrication, sa critique, sa diffusion) par les personnages ou participant·es, soit lors d’ateliers de cinéma, soit lors d’expériences de réalisation plus classiques.

Les participant·es de quatre expériences différentes étaient invité·es à venir échanger avec le public dans un format de table ronde atypique et horizontal :

  • le réalisateur du film Nous, les intranquilles, Nicolas Contant, et Fred, l’un des patients du Centre Artaud
  • Géraldine Kouzan et Grégoire Triau de l’association Les Lucioles du Doc pour le film Rousseau, la mode et la prison
  • le réalisateur du film Pile, permis de démolir, Lucas Roxo, et Nassim un habitant du quartier du Pile
  • Sonia Franco, pour l’association de création sonore et vidéo en détention Les Yeux de l’Ouïe.

La rencontre était animée par deux membres du collectif et filmée par notre parrain Ioanis Nuguet.

Géraldine Kouzan et Grégoire Triau (au centre de la photo), de l’association Les Lucioles du Doc, sont venus présenter Rousseau, la mode et la prison, film collectif de l’association

Sonia Franco (à gauche de l’image) est venue nous présenter les actions de l’association Les Yeux de l’Ouïe

Nicolas Contant (à gauche) et Fred (à droite) ont raconté leur expérience sur le film Nous, les intranquilles

Lucas Roxo (à droite) et Nassim (à gauche) en train d’exposer leur expérience autour du film Pile, permis de démolir

Lien vers le film

Dans un contexte où l’on demande de plus en plus aux réalisateurs de faire du “social” sous forme d’ateliers avec des publics dits sensibles, quelle valeur et quelles formes ont les aboutissements de ces expériences ? Quel est le partage possible de l’outil cinématographique ? En quoi cela peut servir aux participant·es et aux réalisateur·rices ?

Le public présent s’est d’abord divisé en deux groupes pour aller chacun visionner des extraits des films choisis dans les salles parallèles de La Générale. Revenu en grande salle, le public a pu aller rencontrer en sous-groupes chacune des équipes des films. A chaque table, le débat était mené par les participant·es des expériences dévoilées. Ils·elles ont pu les exposer en détails, présenter les problématiques particulières, etc. Pendant ces débats en sous-groupe, les deux membres de Lundi Soir retranscrivaient les éléments pertinents sur un PAD projeté sur grand écran.

Un débat en groupe entier a ensuite eu lieu, initié par de nouveaux extraits des films présentés, avec la participation de tous·tes, en essayant de faire croiser les expériences, à partir des éléments notés sur le PAD. Ce débat a débuté par des extraits très courts de chacune des expériences.