Au début de l’année 2020, Lorine Carton Amor et Sami Tedeschi, adhérent·e·s de l’association, nous ont exposé les grandes lignes de Vadrouïlle : un projet de documentaire sonore de création implanté au coeur du Parc National des Cévennes et mettant en lumière celles et ceux qui font vivre et préservent ces territoires. Emballé·e·s par leur proposition, nous avons décidé de les accompagner dans le développement et la production de cette oeuvre singulière. Depuis juin 2020, le projet est entré en résidence pour une année, accompagné par l’IPAMAC et le Parc National des Cévennes, avec le soutien financier de l’Etat.

Vadrouïlle, c’est un ensemble de 8 créations sonores (des exemples sont présentés ci-contre), chacune pensée comme un documentaire de création. Il sera conseillé de les écouter autour de 8 points d’écoute implantés sur trois chemins d’itinérance de part et d’autre du Mont Lozère, afin d’offrir un contrepoint sonore au paysage que le marcheur-auditeur a sous les yeux, le plongeant dans un imaginaire temporel et spatial différent. 

Vadrouïlle donne du relief à l’écoute naturelle, en pensant une autre pratique de la marche, où le marcheur-auditeur apprend à écouter et devient plus attentif aux sons qui l’entourent. Les capsules sonores, comme les sentiers, sont alors révélateurs du territoire et de ses spécificités. 

Vadrouïlle s’adresse aussi bien aux habitants qu’aux touristes qui viennent chaque année visiter le Parc National des Cévennes. Plus spécifiquement, les points d’écoutes, construits en matériau local et durable par la société Les rangeurs de pierre, sont placés en Lozère, à la croisée des GR 7, 70 et de la GTMC. 

Les créations seront accessibles de trois manières :

  • via une application conceptualisée et développée par la société Sons des sens et accessibles sur tous les stores
  • à l’aide de MP3 et de casques disponibles dans les Offices de tourisme aux alentours
  • durant des séances d’écoute collective dans le cadre d’événements locaux (festivals, fêtes votives, manifestations organisées par le Parc national des Cévennes, etc.)

Piège à sons pour capturer le brame du cerf

Journée de tournage lors de la transhumance

Enregistrement Paysages sonores

Prise de son Paysages sonores (hiver)

Tournage pour la création Belles étoiles

Enregistrement pour Paysages sonores

Journée de repérages dans une bergerie

Journée de tournage Souvenir du Tarn

L’équipe artistique

 

Lorine Carton Amor et Sami Tesdeschi

Réalisation du projet 

Valentin Sampietro 

Collaborateur sonore et ingénieur du son

Charles Boiteau 

Identité visuelle du projet

Sons des sens 

Conception et développement de l’application

Les rangeurs de pierres 

Conception et fabrication des créations artisanales

Paysages sonores

Environ 2400 espèces animales peuplent le Parc national des Cévennes. Et presque autant de sons. A l’instar du travail de Bernie Krause , bioacousticien qui a consacré sa vie à capturer les bruits du monde pour mettre en lumière leur appauvrissement face à la crise climatique en cours, Vadrouïlle propose d’écouter le patrimoine sonore du Mont Lozère durant quatre saisons. Faire entendre comment sonne le parc en tant que réserve biosphère à certaines périodes de l’année (dévoiler le brame du cerf à l’automne, la quiétude feutrée de l’ambiance neigeuse en hiver, le retour du Pinson des arbres et du Pic noir au printemps) permet de valoriser la richesse d’un patrimoine paysager, forestier et agricole.

Belles étoiles

La nuit tombe quelque part autour du Col de Finiels. Partons observer le ciel en cette nuit de nouvelle lune. Petit à petit, l’écoute se fait plus fine et les sons de la nuit envahissent l’espace. La chouette hulotte hulule et les chauves-souris se mettent en chasse. A mesure que l’obscurité grandit, le fourmillement des insectes se fait plus pressant et notre échelle d’écoute se resserre. Cette création nous plonge dans l’univers métaphorique et poétique de la nuit et de l’univers qui l’entoure.

Souvenir du Tarn

Les époques défilent mais les usages perdurent. Les élèves de l’école primaire du Pont-de-Monvert interrogent les habitants autour de leurs souvenirs de jeux et de baignades dans le Tarn, enfants. Les différentes générations se rappellent, échangent des anecdotes et mêlent leurs expériences. Cette création, enregistrée par les élèves de l’école, marque l’aboutissement d’un travail d’ateliers au long cours autour de l’écoute, de l’enregistrement sonore, de la mise en son de la nature et de l’imaginaire de l’enfance. Elle sera réalisée en partenariat avec Radio Bartas, à Florac.

Train des tourmentes

Mémoire vivante d’un passé ferroviaire aujourd’hui presque disparu, Marie était la dernière garde-barrière des Cévennes. Aujourd’hui ce ne sont plus les trains mais les marcheurs qui se croisent devant la façade érodée de sa maisonnette SNCF. Elle nous raconte ses souvenirs, l’époque où le crissement des roues du Translozérien, le train du toit de la France , rythmait ses journées. Cette création sonore, à quelques encablures de Florac sur l’ancienne voie de chemin fer questionne le randonneur sur son rapport au temps et au mouvement.

Le projet est rendu possible grâce au soutien de l’IPAMAC et de sa bourse de résidence dont nous sommes les lauréats pour l’année 2020-2021

Le Parc national des Cévennes nous apporte un soutien logistique fort sur le territoire et participe également à notre bourse de résidence

Radio Bartas est un partenaire dans la réalisation de Souvenir du Tarn et nous soutient en mettant à notre disposition des locaux à Florac ainsi que des moyens de postproduction